Vivre Le Transfrontalier
Résidence artistique de territoire, en collaboration
avec l’artiste metteur en scéne Aïcha AYOUB, en partenariat avec la DRAC, l’Éducation Nationale, le Département et le Parc National des Pyrénées, Pays d’art et d’histoire des Vallée d’Aure et du Louron dans le cadre de la CGEAC
Si le pont du Moudang, situé dans la commune d’Aragnouet, à quelques kilomètres de l’Espagne, est aujourd’hui un lieu de départ de randonnées abritant un sentier d’interprétation et des lieux de loisirs, il garde la trace de l’histoire du transfrontalier et des liens entre la France et l’Espagne. Non loin de là, les granges du Moudang rappellent l’hospice du Rioumajou, halte sur le chemin de passage entre les deux pays. La forêt est traversée par un chemin qui reliait les mines en Espagne à la forge du Moudang : chemin-mémoire, témoignage invisible d’une histoire commune.
Cette installation réunit toutes les œuvres réalisées par les enfants de la vallée d’Aure et du Louron. Chaque ensemble d’oeuvres s’est transformé pour former avec les autres oeuvres un tout, un univers qui appelle à la contemplation : un banc, un mur végétal, une ligne de montagne, un mur en cyanotype entre deux troncs d’arbres, ou encore des tissus suspendus laissant traverser la lumière à travers le feuillage des arbres, des montagnes au loin, un puzzle enfoui dans la mousse : Les créations des enfants dialoguent ensemble, et se crée un monde commun qui épouse les mouvements et la vie de la forêt.
Les œuvres en céramiques offrent au regard le mouvement et la ligne, et les courbes se fondent dans le paysage, rejoignant la vie de la forêt. Quant aux cyanotypes sur tissus, ce sont des tableaux-paysages qui ouvrent des fenêtres vers un imaginaire en lien avec la réalité, en gommant la frontière des temporalités. Le tout a été pensé comme un lieu qui appelle à la poésie, l’imaginaire, la contemplation, un lieu où les œuvres, avec le temps, seront noyées et absorbées par la forêt et la nature.
Ce n’est pas une installation figée mais un lieu intime où le promeneur peut marcher, déambuler, s’assoir, s’allonger même, et prendre le temps d’écouter, de vivre le paysage autour de lui où la forêt couve ces œuvres, les engloutit au fil des saisons. Elles deviendront, elles aussi, ces traces de l’invisible, et rejoindront cette communauté d’hommes et de femmes qui, à travers les temps et les événements de l’histoire continuent, de vivre le transfrontalier comme un territoire en mouvement.
Aïcha AYOUB et Akiko HOSHINA










